Très haut, là où les montagnes touchent les nuages, vivait une petite fille nommée Joudia. Sa maison était faite de terre chaude et de bois odorant. C’était le plus bel endroit du monde.
Joudia n'était pas une petite fille comme les autres. Elle était le cœur de sa maison. Depuis que sa maman était partie au ciel, elle veillait avec amour sur ses deux petits frères.
Chaque matin, avant même que le soleil ne se lève derrière les sommets, Joudia ouvrait les yeux. Elle préparait un thé à la menthe qui sentait bon le jardin.
Avec son bâton, Joudia emmenait ses moutons laineux dans la prairie verte. Elle connaissait chaque fleur, chaque caillou et chaque secret du chemin.
Dans la forêt, elle ramassait du bois sec pour le feu du soir. C’était un travail difficile pour une petite fille, mais Joudia chantait une douce chanson pour se donner de la force.
Mais attention ! Un secret se cachait dans la forêt sombre. Un monstre de l'ombre, très malin, attendait que la lumière disparaisse pour sortir et tromper les villageois.
Baba Inouva, le vieux papa de Joudia, s'inquiétait. Le monstre était malin : il savait imiter les voix des mamans pour que les enfants lui ouvrent la porte !
Un soir, Baba Inouva appela Joudia. « Ma fille, nous avons besoin d'un secret pour nous reconnaître. Un code que seul nous deux connaissons. »
Il lui offrit de lourds bracelets en argent. « Quand tu frapperas à la porte le soir, fais-les sonner très fort. Ce sera notre chant d'argent. »
Joudia s'entraîna. Gling ! Gling ! Gling ! Le son était joyeux et brillant. Baba Inouva sourit : « C'est parfait ! Maintenant, je saurai que c'est toi. »
Un jour, Joudia trouva un endroit rempli de bois sec très, très loin du village. Elle travailla si dur qu'elle ne vit pas le temps passer.
Le soleil disparut. Soudain, des ombres furtives apparurent. Ce n'était pas un monstre terrifiant, mais des voleurs malicieux qui se faufilèrent hors de la pénombre. Ils effrayèrent Joudia et lui dérobèrent ses beaux bracelets en argent !
Sans ses bijoux, Joudia avait peur de ne pas être reconnue. Mais elle pensa à son papa et à ses frères qui l'attendaient. Elle se mit à courir très, très vite vers la maison.
Pendant ce temps, près du village, le monstre malin rôdait autour des maisons. Il imitait de douces voix pour tromper les villageois.
Joudia arriva enfin, essoufflée et fatiguée. La porte de sa maison était fermée. Elle frappa de toutes ses forces. « Papa, c'est moi ! Ouvre-moi vite ! La nuit tombe ! » cria-t-elle.
De l’autre côté de la porte, Baba Inouva entendit la voix. C’était la voix de Joudia... mais où était le chant de l’argent ? Il craignait que ce soit un tour du monstre.
« Gling ! Gling ! Gling ! Fais sonner tes bracelets pour me prouver que c'est toi ! » demanda le père d'une voix tremblante. Joudia pleura : « Je ne peux pas, papa ! On me les a volés ! »
Baba Inouva était perdu. Il ne connaissait sa fille que par son travail difficile et le bruit de ses bijoux. S'il n'ouvrait pas, sa fille resterait dehors dans le froid. S'il ouvrait au monstre, ses enfants seraient en danger.
Soudain, dans son désespoir, Baba Inouva comprit quelque chose d'important. Les bracelets n'étaient que du métal. Il chercha dans son cœur quelque chose de vrai que seul lui et Joudia savaient.
Il s'approcha de la porte et murmura : « Dis-moi, ma fille... quel est le petit nom doux que je te donne quand je te borde le soir et que nous regardons les étoiles ? »